lundi 16 octobre 2017

THOR, de Kenneth Branagh


N'ayant pas écrit la critique de ce premier film sur Thor (sorti en 2011) et profitant de sa rediffusion hier soir (sur France 4), j'en ai profité pour réviser avant la sortie du troisième opus consacré au dieu du tonnerre, Thor : Ragnarok, en salles en France le 25 Octobre. Souvent mal-aimé, voire méprisé, que vaut vraiment le long métrage de Kenneth Branagh ? Ou, autrement dit, ai-je toujours raison de le défendre depuis que je l'ai vu il y a 6 ans ?
Rembobinons !

 Thor, Odin et Loki (Chris Hemsworth, Anthony Hopkins et Tom Hiddleston)

Odin est le père de toutes choses et roi d'Asgard, un des neuf royaumes de la galaxie. Alors qu'ils sont encore enfants, il fait visiter sa salle des trophées à ses deux fils, Thor et Loki, en leur annonçant que, dans le futur, l'un d'eux lui succédera sur le trône. Pour cela, il devra en être digne et donc se comporter avec autorité mais surtout sagesse. Parvenus à l'âge adulte, les deux frères sont devenus des hommes aux tempéraments opposés : Thor est fougueux et arrogant, Loki discret et prudent. C'est pourtant au premier qu'Odin décide de confier sa place. 

Thor et Odin

Mais le jour de l'intronisation, des géants des glaces du royaume de Jöthuneim s'infiltrent dans la salle des trophées pour s'emparer d'un cube d'énergie, réveillant ainsi sans le savoir le gardien de l'endroit, le terrible Destructeur qui les tue. Thor veut châtier Laufey, roi de Jöthuneim et, pour cela, désobéit à Odin. Accompagné par Loki (qui durant le combat découvre avec surprise que le froid mortel des géants ne le l'atteint pas), de Lady Sif et des trois guerriers (Hogun, Fandral, Volstagg), le dieu du tonnerre provoque ses ennemis avant qu'Odin n'intervienne. Furieux, le père de tout bannit son fils en l'expédiant sur Midgard, la Terre, et en enchantant son marteau, Mjolnir. 

Le Pr. Selvig, Jane Foster, Darcy et Thor (Stella Skarsgard, Natalie Portman
Kat Dennings et Chris Hemsworth)

Thor atterrit dans le désert du Nevada où il est trouvé par un groupe de scientifiques, le professeur d'astrophysique Henry Selvig, son élève Jane Foster et son assistante Darcy. Conduit à l'hôpital, Thor s'en échappe et trouve refuge auprès de Jane, intriguée par ce qu'il raconte sur sa provenance. En déjeunant dans un dinner d'une bourgade voisine, Thor entend parler de la chute d'un objet dans une zone proche, rapidement quadrillée par l'armée.  

Thor déchu

Jane accepte, contre l'avis de Selvig, de conduire Thor sur place pour qu'il récupère son marteau, Mjolnir. Déjouant la sécurité du site, affrontant ses gardes, il échoue cependant à brandir son arme. Arrêté puis interrogé par l'agent Coulson du SHIELD, Thor reçoit ensuite la visite de Loki qui prétend qu'Odin, terrassé par le chagrin qu'il lui a causé et son grand âge, est mort et que leur mère a confirmé son bannissement.

Jane Foster et Thor

Selvig intercède en faveur de Thor auprès de Coulson en le faisant passer pour un de ses amis scientifiques, sujet à une dépression. Libéré, Thor fait son examen de conscience et comprend que son orgueil lui a coûté ses pouvoirs et son père. Condamné à rester sur terre, devenu simple mortel, il ignore que Loki manigance avec Laufey pour envahir Asgard et se débarrasser d'Odin, qui a seulement sombré dans le coma. Avec l'aide de Heimdall, Sif et les trois guerriers descendent sur Midgard avertir Thor mais Loki découvre leur trahison et envoie le Destructeur les tuer tous.

Loki

En apprenant la félonie de Loki et pour protéger ses amis terriens et asgardiens, Thor se dresse contre le Destructeur. Son sacrifice lève l'enchantement d'Odin sur Mjolnir qui revient au dieu du tonnerre, ayant appris l'humilité. Après avoir neutralisé le Destructeur, il retourne à Asgard grâce à Heimdall, juste à temps pour déjouer l'invasion de Laufey et son armée mais aussi pour affronter Loki. Mais le prix de sa victoire sera élevé pour le dieu qui avait promis à Jane Foster de la rejoindre, une fois sa mission accomplie...

Hé bien ! J'aime toujours ce premier épisode de Thor. Certes ce n'est pas un film parfait, mais il est solide et offre une introduction bien pensée pour ce personnage, le tout en peu de temps (alors que la durée des films en général, et ceux de Marvel aussi, gonfle de plus en plus, ici l'affaire est pliée en moins de 110 minutes !).

Commençons par cibler ce qui ne fonctionne pas, ou pas suffisamment (par rapport aux réussites inaugurales comme Iron Man, Captain America : the first avenger puis Avengers). La déception porte principalement sur la réalisation de Kenneth Branagh : à l'époque, je m'en souviens bien, Kevin Feige, le grand manitou des studios Marvel, s'était réjoui d'avoir attiré le célèbre vulgarisateur de Shakespeare pour donner vie sur grand écran au dieu du tonnerre... En oubliant toutefois que le cinéaste avait depuis longtemps perdu de sa superbe : elle était loin l'époque où Branagh épatait la galerie avec ses adaptations de Henry V (1989) ou de Hamlet (1996) avec des mises en scène pleines de panache et d'énergie. Il faut bien admettre qu'il s'acquitte de cette commande sans retrouver le souffle de ses grandes oeuvres passées.

La direction artistique de Thor ne l'aide pas beaucoup : malgré un budget confortable, le compte n'y est pas toujours. Le plus flagrant de ces manques réside dans la représentation d'Asgard, qui ressemble à un royaume trop doré, là où on pouvait davantage attendre un monde plus médiéval et grandiose, à mi-chemin (comme l'avait imaginé Jack Kirby) entre le Moyen-Âge et le futur. Les costumes sont aussi moyens, notamment quand il s'agit d'éléments précis comme les casques ou armures qui font plus penser à des pièces plastifiées que métalliques (exception faîte du design très réussi de Thor lui-même).

Et, enfin, il y a le choix des interprètes : les comédiens sont très bons et même excellents pour certains - Chris Hemsworth semble tout droit sorti des pages d'Olivier Coipel (le français avait relancé avec succès le comic-book avec le scénariste J. Michael Straczynski, qui fait une apparition, comme Stan Lee, dans le film), Tom Hiddleston est parfait en frère jaloux et tragique, Anthony Hopkins a toute la majesté requise pour camper Odin, Natalie Portman est toujours aussi classe. 
Mais quelle drôle d'idée quand même de caster Idris Elba ou Tadanobu Asano, un black et un asiatique, pour incarner des dieux d'origine nordique !
Et, pire encore, pourquoi avoir glissé un second rôle aussi stupide et inutile que celui de Darcy, donné à une actrice aussi vulgaire que Kat Dennings...

Malgré ces ratés, le film avance quand même et procure du plaisir. Son scénario en trois actes bien nets permet d'apprécier le parcours du héros, insupportable va-t-en-guerre arrogant ensuite exilé impuissant qui recouvre son rang et ses pouvoirs en gagnant en humanité et en humilité. La partie centrale, où Thor, résigné, évolue dans ce bled perdu américain autorise des scènes subtilement comiques en soulignant le décalage entre ce dieu déchu au physique avantageux et les moeurs locales, ses relations avec le trio de scientifiques. Il aurait fallu insister là-dessus au moyen de dialogues plus appuyés sur la foi en des forces supérieures, des êtres divins, et l'incrédulité des humains confrontés aux phénomènes déclenchés par la seule présence de Thor. Le final file à toute allure et laisse deviner quelle envergure aurait pu avoir le film avec un réalisateur plus inspiré, lorsque Thor revient sur Asgard, affronte Loki (un duel fondé moins sur la haine que la jalousie, le mal d'amour), détruit le Bifrost (le pont arc-en-ciel qui mène au guet de Heimdall, permettant d'accéder aux huit autres royaumes) et, ce faisant, condamne (au moins provisoirement) son retour sur Terre (et vers Jane Foster).

Il subsiste un sentiment de frustration, renforcé par le fait que Thor semble plus avoir été pensé comme le tremplin menant à Avengers (avec la revanche de Loki, l'existence d'un super-héros qui est aussi un dieu - alors que tous les autres membres de l'équipe à venir sont des humains "améliorés", tels Iron Man et son armure ou Captain America, ou dotés d'un don particulier, comme Hawkeye qui apparaît ici pour la première fois) que comme un opus autonome. C'est aussi pour cela qu'il est mésestimé. 

On verra maintenant si Thor : Ragnarok est à la hauteur de la rumeur très flatteuse qui le précéde, réalisé par un cinéaste à l'esthétique plus audacieuse, avant que, l'an prochain, les Avengers reviennent pour la production la plus ambitieuse (et la plus coûteuse) des studios Marvel. 

dimanche 15 octobre 2017

HAWKEYE #11, de Kelly Thompson et Leonardo Romero


Pour cet avant-dernier numéro avant que la série ne s'aligne sur la nouvelle bannière "Marvel Legacy", Kelly Thompson et Leonardo Romero concluent le deuxième acte des aventures de Hawkeye Katie Bishop.


Madame Masque a transféré son esprit dans un clone de Kate Bishop et a passé la nuit à intriguer les amis de l'héroïne par son comportement insolent et désinvolte de manière à ruiner subtilement sa réputation.



Détenue dans le repaire de Mme Masque, Kate Bishop réussit à quitter sa cellule et a découvert que dans celle qui voisinait la sienne croupissait son père, Derek, complice de son ennemie qui lui a fourni en échange un clone rajeuni. Kate l'interroge pour savoir s'il est responsable de la disparition de sa mère et en a la confirmation. Elle quitte alors l'endroit en corrigeant les sbires de Mme Masque.


Lorsque Kate retrouve sa Némésis, les deux femmes s'affrontent devant les amis de la première, médusés. Le combat se poursuit jusque sur les hauteurs de Mulholland Drive où se dressent les lettres de Hollywood.


Mais alors qu'elle a pris l'avantage sur son adversaire, Kate choisit de l'épargner car elle comprend que cela ne résoudra pas la colère qu'elle ressent envers son père et, surtout, que Masque sait peut-être où se trouve sa mère. L'inspectrice Sanchez tire alors sur Mme Masque, mais la police échoue à la retrouver ensuite dans les parages.


Réconfortée par ses amis, qui nient avoir eu des ennuis à cause d'elle, Kate rentre chez elle et se fixe alors sa mission la plus importante : retrouver sa mère.

Même si l'épisode se termine avec Madame Masque en cavale (et donc toujours potentiellement nuisible, d'autant plus qu'elle a désormais l'apparence de Kate Bishop), ce 11ème numéro de la série acte la fin de son deuxième acte.

Hawkeye a appris beaucoup de choses dernièrement en affrontant son ennemie et en retrouvant son père : d'une part, elle a eu la confirmation qu'en se basant à Los Angeles elle serait au bon endroit pour s'émanciper en tant qu'héroïne (quand bien même son bilan comme détective privée est mitigé, mais au moins ne dépend-elle plus d'un groupe - comme les Young Avengers - ou d'un mentor/partenaire - comme Clint Barton), et d'autre part pour découvrir la vérité sur la disparition de sa mère (et la responsabilité supposée - depuis vérifiée - de son père dans cette affaire).

A la fin de ce chapitre 11, Kate a gagné des amis fidèles (et peut-être même un amant), la complicité d'une alliée dans la police (Sanchez, même si leur relation est électrique, chacune ayant la langue bien pendue), et une vraie mission, un objectif personnel (retrouver sa mère dont elle a été séparée et dont elle n'a plus de nouvelles). D'un geste hautement symbolique, elle enlève du tableau des photos et notes de personnes ciblées (en relation avec ses précédentes investigations professionnelles - comme Clint Barton l'avait fait dans le run de Fraction/Aja) pour ne plus y coller qu'un post-it avec la mention laconique : "Mom" ("Maman").

11 épisodes donc pour établir le personnage, la faire évoluer au gré d'aventures parfois loufoques, lui attribuer une ennemie attitrée (Mme Masque - avec laquelle le contentieux dure depuis Hawkeye #4-5, époque Fraction), et ceci fait (et presque réglé) imposer Kate Bishop comme non pas une "lady Hawkeye" ou une "Hawkeye girl" (bref, un ersatz féminin de Clint Barton) mais bien Hawkeye tout court, détentrice du titre et de la série consacrée.

L'affirmation de cette identité doit aussi beaucoup à Leonardo Romero qui (en dehors de l'intérim de Michael Walsh durant deux épisodes) a prouvé sa fiabilité à dessiner une ongoing série et sa capacité à lui donner une identité visuelle. 

Tout comme Kate, l'artiste a imposé ses gimmicks avec élégance et assurance : sa manière de découper ses doubles-pages est devenue une sorte de signature, et de son trait épuré mais tonique, il se joue de cette figure de style avec inventivité. Ses compositions sont soignées, ses plans bien remplis, ses décors soignés, ses personnages expressifs et mémorables. On a là un graphiste complet qui, derrière un coup de crayon apparemment élémentaire, donne à lire au lecteur et, surtout, complète excellemment les scripts de Kelly Thompson. Ce qui s'appelle bien se trouver car la réussite authentique d'une BD se fonde toujours sur la justesse de l'association d'un auteur et d'un artiste, jamais l'un plus (ou moins) que l'autre (on me reproche souvent d'être un brin professoral en répétant cela, mais c'est une conviction qui, je le crois, se vérifie toujours : les bonnes BD, celles qu'on apprécie sur la durée et qui nous restent en mémoire positivement, sont celles produites par un scénariste et un dessinateur d'égale valeur).

Prochaine étape, en Novembre, avec Wolverine/ Laura Kinney en guest, avant, en Décembre, l'arrivée de Clint Barton à Los Angeles (en vue d'une transformation de la série alors axée sur leur duo ?). 

vendredi 13 octobre 2017

UN ELEPHANT CA TROMPE ENORMEMENT / NOUS IRONS TOUS AU PARADIS, d'Yves Robert

Après avoir évoqué la mémoire de Jean Rochefort, il fallait que je revois au moins quelques-uns de ses films pour en rédiger la critique, saluer son travail, ses collaborations. L'évidence porta mon choix sur le diptyque Un Elephant ça trompe énormément-Nous irons tous au paradis, que le poids des années et les rediffusions n'ont pas altéré et dans lequel le comédien, bien entouré, est fantastique. Ce sont deux longs métrages chers à mon coeur, liés à bien des souvenirs personnels, mélancoliques et gaies, et si vous ne les avez pas vus, j'espère que je vous donnerez envie de les découvrir.


Commençons par Un éléphant ça trompe énormément, sorti en 1976.

Charlotte (Anny Duperey)

La quarantaine, employé dans un ministère, marié et père de deux filles adolescentes, Etienne Dorsay voit son existence basculer lorsqu'un jour, dans le parking de son lieu de travail, il aperçoit une superbe inconnue en robe rouge dont il tombe inéluctablement amoureux. 

 Marthe et Etienne Dorsay (Danielle Delorme et Jean Rochefort)

Avant de découvrir qu'elle se prénomme Charlotte et qu'elle a été choisie comme égérie d'une campagne publicitaire pour le ministère et la promotion d'un emprunt national, Etienne s'efforce de dissimuler son trouble à son épouse, Marthe, par ailleurs bien occupée par le reprise de ses études pour décrocher un diplôme universitaire et la cour pressante que lui fait Lucien, un ami de ses filles.

 Etienne, "Bouly", Simon et Daniel (Jean Rochefort, Victor Lanoux
Guy Bedos et Claude Brasseur)

Pour se changer les idées, entre son béguin interdit, son boulot et sa vie conjugale, Etienne retrouve régulièrement ses trois meilleurs amis au cours de matchs de tennis : il y a "Bouly", un macho et séducteur impénitent mais dévasté lorsque sa femme, Marie-Ange, le plaque et disparaît avec leurs enfants ; Simon, médecin généraliste aussi hypocondriaque que tourmenté par Mouchy, sa mère juive envahissante, et ses liaisons avec ses plus jolies patientes ; et enfin Daniel, vendeur de voitures qui assume mal son homosexualité jusqu'à ce le père d'un de ses jeunes amants la révèle au grand jour.

Marthe et Lucien (Danielle Delorme et Christophe Bourseiller)

Troublée par l'attitude de plus en plus étrange de son mari, Marthe se console en obtenant son diplôme et en réussissant à raisonner Lucien. Durant cette période, Etienne parvient, lui, à aborder Charlotte en partageant avec elle des randonnées équestres. D'abord amusée par sa gaucherie, elle lui fait comprendre qu'il l'attire. 

 Simon, "Bouly", Daniel et Etienne

Etienne est prêt à tromper Marthe, malgré son mépris pour les hommes volages comme "Bouly" qui accepte de conclure la procédure de divorce entamée par sa femme. Mais pour commettre cet adultère, il lui faut un alibi et après s'être confié à Simon, qui a vendu la mèche à Daniel et "Bouly", ses amis lui en fournissent un.

"Bouly", Simon, Etienne et Daniel

Toutefois, après avoir connu l'extase du péché de chair dans les bras de Charlotte, Etienne se verra piégé dans une situation aussi cocasse que périlleuse...

*


Un an après, Yves Robert et son co-scénariste, Jean-Loup Dabadie, réunissent à nouveau leurs héros pour une suite, aussi (sinon davantage) aboutie artistiquement que commercialement : Nous irons tous au paradis.

 Stéphanie et ses parents, Marthe et Etienne (Catherine Verlor, Danielle Delorme et Jean Rochefort)

Ayant accidentellement découvert une photo de Marthe embrassant un inconnu, Etienne décide de mener l'enquête pour savoir qui est l'amant de sa femme. Pour cela, il doit composer avec son nouvel emploi du temps, très chargé, de directeur d'une maison d'édition qui s'occupe de la production d'une adaptation de la Bible en dessin animé.

Daniel, Etienne, Simon et "Bouly"

En proie à des tourments professionnels consécutifs au doute sur Marthe, Etienne peut encore compter sur ses amis Daniel, Simon et "Bouly" pour se changer les idées - ce dernier ayant trouvé, pour assouvir leur passion commune pour le tennis, une superbe maison à la vente pour une somme dérisoire. Hélas ! une fois l'acquisition faite, la bande découvre qu'ils ont été grugés : la demeure est inhabitable à cause de sa proximité avec un aéroport. Le vendeur avait profité d'un mouvement de grève chez Air France pour s'en débarrasser.



Prenant d'abord la situation avec philosophie, la bande connaît pourtant ensuite une grave crise lorsque, au cours d'une partie de tennis, Daniel provoque "Bouly", mauvais perdant, et que leur dispute dégénère en bagarre. S'ensuivront plusieurs semaines sans que les quatre complices ne se voient ni ne se donnent de nouvelles mais au cours desquelles Simon se commet dans une liaison dangereuse avec une femme mariée qui est sa patiente ; "Bouly" voit revenir successivement Marie-Ange et le mari de sa nouvelle compagne tout en ayant la charge de tous leurs enfants ; et Daniel s'égare en acceptant de partager la vie de sa patronne.

Etienne et Bastien (Jean Rochefort et Daniel Gélin)

Les recherches d'Etienne s'achèvent quand il découvre, avec amusement, que Marthe n'a pas d'amant mais que l'homme qu'elle embrassait sur la photo est un comédien avec lequel elle répète "Bérénice" de Racine au sein d'une troupe de théâtre amateur. Ce soulagement précède un drame : Mouchy, la mère de Simon, meurt et, ses amis se réconcilient pour le soutenir dans cette épreuve.

Daniel et "Bouly"

Une animatrice travaillant sur la Bible en dessin animé fait ensuite comprendre à Etienne qu'il l'attire et, grâce à la complicité de "Bouly", Daniel (dont l'aventure avec sa patronne se clôt juste avant qu'ils se marient) et Simon, il s'arrange pour passer avec elle un week-end romantique à Bordeaux.

Etienne et Marthe

Toutefois, à l'aéroport, il croise Marthe, sur le point, elle aussi, de partir en week-end avec le comédien à qui elle donne la réplique au théâtre. Daniel et "Bouly" sauvent la situation du couple en envoyant Simon à Bordeaux sous les regards médusés de la dessinatrice et de l'amant de Marthe...

Lorsque Yves Robert a l'idée d'Un éléphant..., c'est au cours d'une conversation avec son scénariste Jean-Loup Dabadie sur les acteurs vedettes qui ont assez de pouvoirs pour imposer aux réalisateurs leurs caprices. En réaction à cette situation, le cinéaste souhaite produire un long métrage avec des comédiens dociles mais complices, dans une ambiance détendue. Dabadie aimerait réunir Victor Lanoux, Claude Brasseur et Guy Bedos (pour lequel il écrit parfois des sketchs), Robert compte sur Jean Rochefort (qu'il a dirigé avec bonheur dans Salut l'artiste, en 1973) pour compléter le casting.

Le résultat est spectaculairement réussi, comme conçu en état de grâce : non seulement les quatre interprètes s'entendent à merveille et convainquent donc naturellement le public de l'amitié entre leurs personnages, mais le projet tient en équilibre permanent sur un récit qui tient davantage de la chronique que d'une intrigue classique.

Le fil rouge est Etienne Dorsay, quadragénaire bourgeois saisi par le démon de midi : on comprend son émoi quand, avec lui, on aperçoit Anny Duperey dans sa première apparition, une évocation claire et magique de la scène où Marilyn Monroe voit sa robe se soulever au-dessus d'une bouche d'aération dans 7 ans de réflexion (Billy Wilder, 1955). Les tentatives de Rochefort pour la retrouver (au cours de filatures irrésistiblement loufoques - inspirées par le personnage de l'inspecteur Clouseau dans la série des Panthère rose de Blake Edwards avec Peter Sellers), l'aborder (séquence hilarante à cheval, alors que l'acteur était un cavalier émérite) et la séduire fournissent un lot de moments mémorables.

En parallèle, le groupe formé par les quatre amis permet d'apprécier le soin apporté à la caractérisation de chacun : Lanoux campe un "beauf" incorrigible (même si, ensuite, il regrettera que le rôle lui ait tant collé à la peau, au point de refuser de participer à des interviews sur les coulisses du film édité en DVD), Bedos est formidable en fils d'une mère juive écrasante (Marthe Villalonga, elle aussi dans le personnage le plus marquant de sa carrière, qu'elle déclinera jusqu'à l'épuisement) mais coureur de jupons et plus malade que ses patients, et enfin Brasseur est fantastique en homo qu'il joue avec une finesse admirable (son agent lui avait pourtant déconseillé d'accepter le rôle et il ne s'en empara qu'avec la garantie que ce ne serait pas une "folle").

L'autre grande trouvaille du film est le recours à la voix-off, un procédé périlleux quand il est mal manié mais qui ici sert à communiquer les réflexions constamment décalées et pompeuses d'Etienne/Rochefort sur ce que lui et ses proches traversent, alors qu'il affiche à l'image une mine flegmatique mais tordante.

Il est rare aussi qu'une suite soit si rapidement mise en chantier mais le succès d'Un éléphant... a sans doute motivé toute la troupe à ne pas laisser passer cette opportunité. On pouvait craindre que cela soit écrit précipitamment, mais il n'en est rien : Nous irons tous au paradis est même, peut-être, supérieur à son prédécesseur.

Pourtant, insensiblement, progressivement, le ton est moins ouvertement comique : Dabadie et Robert ont l'idée de démarrer en renversant la situation du premier épisode - cette fois, c'est Marthe qui aurait trompé Etienne (faut-il y voir l'expression de la propre crainte du cinéaste, qui était aussi le mari de Danielle Delorme, alias Mme Dorsay ?). En faisant de Rochefort non plus le fautif mais l'époux jaloux, toute l'histoire bascule.

L'autre moment décisif se situe lors de la partie de tennis dans la maison de campagne acheté à un vendeur peu scrupuleux par le quatuor. Alors qu'Etienne et Daniel triche ostensiblement pour gagner le match, Bouly s'énerve et, provoqué par Daniel, dont la situation financière et amoureuse n'est pas brillante (son homosexualité a été découverte par ses amis, sa patronne l'humilie pour le conquérir), déclenche une bagarre. Le groupe éclate après cela et chacun se perd - de vue, mais aussi intimement : Daniel succombe à sa chef, Simon s'empêtre dans une liaison sans avenir, Etienne se couvre de ridicule en giflant par erreur celui qu'il croit être l'amant de Marthe, Bouly comprend les limites de l'amour "libre".

Pour réunir les héros, les auteurs recourent à un rebondissement magistralement amené - la mort subite et déchirante de Mouchy, la mère de Simon. On ne rigole alors plus du tout mais en quelques scènes brèves et puissantes, d'une finesse exemplaire, le film atteint une dimension poignante qui l'élève (et avec lui, par ricochet, à Un éléphant...) au rang de classique. Comme Vincent, François, Paul et les autres (Claude Sautet, 1974), Nous irons tous au paradis raconte l'amitié, avec ses bonheurs et malheurs, sa légèreté et sa gravité, comme plus aucun autre film français n'a réussi à le faire ensuite (il suffit de comparer la maestria à l'oeuvre ici avec Les Petits Mouchoirs et sa galerie de potes caricaturaux pour se rendre compte du fossé qui séparent Guillaume Canet d'Yves Robert...).

Le final est encore une prouesse de mise en scène et d'écriture avec la séquence de l'aéroport, un chassé-croisé dont la lisibilité et la malice sont exemplaires. La figure décomposée de Bedos poussé dans le hall d'embarquement, le "motus et bouche cousue" synchrone de Rochefort et Delorme et en contre-champ l'hilarité de Brasseur et Lanoux sont autant d'instants inoubliables.

Lorsque le générique de fin défile, et sachant qu'après avoir longtemps rêvé d'un troisième chapitre (hélas ! jamais produit), on quitte Etienne, Daniel, Simon et Bouly avec le double sentiment d'avoir eu la chance de croiser de si chouettes copains et la mélancolie de ne les avoir jamais revus tous ensemble. La nostalgie s'ajoute à cela désormais puisque seuls Guy Bedos et Claude Brasseur sont encore de ce monde...

jeudi 12 octobre 2017

DEFENDERS #6, de Brian Michael Bendis et David Marquez


Le précédent épisode s'achevait sur une scène glaçante : Diamondback tirait avec un pistolet sur Black Cat. Felicia Hardy était-elle morte tandis que Daredevil, en compagnie de Iron Fist, avait entendu les détonations depuis une rue voisine ?
Le deuxième arc de la série commence avec ce numéro dont la couverture annonce l'entrée en scène de Deadpool !


Diamondback erre dans les ruelles de New York après avoir tiré sur Black Cat. Pourtant il doit rester discret car il est toujours recherché par la police (depuis son évasion lors de son transfert à la prison de Ryker's avec le Punisher). Pour se requinquer, il avale plusieurs des pilules qu'il compte mettre sur le marché et qui le transforme en colosse.


Black Cat, blessée mais revancharde, l'attaque mais sans l'ébranler. Heureusement, Daredevil et Iron Fist surgissent et s'interposent. Mais c'est en attendant Jessica Jones et surtout Luke Cage qui est bien résolu à en découdre avec Willis Stryker !


Après lui avoir infligé une violente raclée, les Defenders livrent Diamondback à la police. Matt Murdock représente le bureau du procureur au tribunal où il il est jugé mais son avocat ruse pour disculper son client : d'une part, il dénonce l'action du groupe, des vigilants ne dépendant pas des forces de l'ordre, et d'autre part, il souligne que la seule personne en mesure d'accabler Stryker est elle-même une criminelle - Black Cat - dans l'incapacité de témoigner (elle est hospitalisée).



Mécontente après que Diamondback ait été relâché, Jessica Jones, pour protéger ses proches et la ville, décide de recruter le mercenaire Deadpool pour s'occuper du malfrat. Lequel, au même moment, discute de la suite à donner à ses actions avec son complice, aussi discret que puissant...

L'épisode se divise en deux parties distinctes : dans la première on a droit à l'explication musclée et attendue entre les Defenders et Diamondback, puis dans la seconde à son procès, rapidement expédié, justement à cause de la méthode employée par des héros... Qui interviennent sans aucune permission et donc arbitrairement !

Brian Michael Bendis donne le meilleur de lui-même dans ce 6ème numéro en gratifiant les lecteurs d'une séquence de baston spectaculaire à souhait (mais qui ne répond pas au mystère de l'existence du méchant présumé mort). Puis l'autre moitié de l'épisode se déroule dans l'enceinte d'un tribunal où Matt Murdock argumente contre un confrère du barreau sur les notions de justice, de loi et d'ordre (des pages qui rappelleront d'excellents souvenirs aux fans du run de l'auteur sur Daredevil).

Le scénariste fait durer le plaisir sur la révélation de la présence de Deadpool en couverture en même temps qu'on découvre que tout l'épisode est narrée en un long flash-back par Jessica Jones qui recrute (visiblement sans avoir consulté ses partenaires) le mercenaire mutant. Ce n'est donc qu'une introduction pour ce personnage farfelu, véritable électron libre qui va certainement semer une belle zizanie dans les prochains chapitres. Sans oublier que Elektra est dans les parages (pourquoi ?). Et qu'on apprend pour qui roule Diamondback à la toute dernière page (un allié un peu convenu certes mais toujours prometteur et dont le plan semble dépasser le contrôle de la pègre : s'agirait-il de carrément prendre la mairie de New York ?).

Bref, c'est un régal et les dessins de David Marquez le confirment : il règle la partie la plus mouvementée dans son style familier, avec beaucoup de dynamisme (observez comment il attribue à chaque Defender un style de combat propre, et la puissance que dégage Luke Cage). Puis quand il aborde l'audition au tribunal, surprise : il passe à un graphisme proche justement de celui des illustrateurs de procès, centré sur les protagonistes (Murdock, Diamondback, son avocat, le juge), et laissant à Justin Ponsor le soin d'appliquer des couleurs directes et volontairement sommaires sur ses vignettes. Le procédé est brillant et surprenant.

En définitive, Defenders brille par la vie - et la vivacité - qui traverse ses épisodes, leur fluidité, leur tension. Pas de temps mort, beaucoup de rebondissements, un faisceau d'intrigues qui convergent en une machination retorse : les street-level heroes de ce titre sont aussi sollicités que le lecteur est captivé. C'est pour tout cela qu'on a hâte de lire chaque mois la suite.

mercredi 11 octobre 2017

WOLVERINE #11-16, de Peter David, John Buscema et Bill Sienkiewicz


Nous voici arrivés au terme du contenu de ce Marvel Epic Collection : Wolverine, avec les épisodes 11 à 16, écrits par Peter David (qui effectue la transition entre le run de Claremont et celui, ensuite, d'Archie Goodwin) et les derniers dessinés et encrés par la paire John Buscema-Bill Sienkiewicz.

Ces six épisodes forment un arc complet : The Gehenna Stone Affair.
 

Archie Corrigan, l'aviateur, convainc son ami "Patch" (alias Wolverine) de l'accompagner à San Francisco pour démêler une affaire familiale qui oppose sa soeur Ruth et son frère Burt à propos de leur héritage. Jessica Drew entend parler de ce déplacement et s'invite pour ce voyage afin de décider si elle doit fermer son agence d'investigations privées à Frisco et revenir ensuite à Madripoor.
Une fois sur place, elle est engagée par le directeur d'un musée pour retrouver un fragment d'une pierre précieuse. Mais ce qu'elle ignore, c'est qu'il a été subtilisé par Burt Corrigan qui prétend à Archie et "Patch" être depuis traqué par des vampires !

 

Le pire, c'est que, bien que connu pour son caractère excentrique, Burt a raison comme le prouve l'irruption en plein tribunal de goules. Jessica, Archie et "Patch" prennent la fuite ensemble en tentant de semer les vampires et la police dans les rues de San Francisco. Dans l'ombre, un mystérieux personnage détient une orbe à laquelle ne manque que quelques fragments : il s'agit de la Pierre de Gehenna aux pouvoirs légendaires !
Cependant à Madripoor, deux malfrats jumeaux descendent au "Princess Bar" de O'Donnell avec, en leur possession, un autre fragment de la pierre qui exacerbe les tensions entre eux et ceux qui les approchent.

 

En route pour l'aérodrome où est stationné l'avion de Archie Corrigan, Burt explique à "Patch" et Jessica Drew l'histoire de la Pierre de Gehenna qui appartint jadis au démon Ba'Al ("le maître") avant qu'un chevalier le tua et ne brisa l'orbe maudite. Depuis, ses éclats sont recherchés par des archéologues ou d'autres individus moins recommandables dans l'espoir de profiter de son pouvoir.
Pendant ce temps, à Madripoor, au "Princess Bar", les malfrats jumeaux s'entretuent dans leur chambre d'hôtel et sont découverts par O'Donnell, qui récupère leur morceau de la Pierre avant de prévenir la police. Lindsay McCabe, la partenaire de Jessica Drew et chanteuse au bar, se sent alors irrésistiblement attirée par O'Donnell.

 

Piégés à l'aérodrome par Ba'Al ressucité et ses sbires, "Patch", Archie, Burt et Jessica les prennent chasse jusqu'à Madripoor. Wolverine n'a plus le choix : il doit dévoiler sa véritable identité pour arrêter leurs ennemis et enfile son costume pour passer à l'action. Malgré tout, Ba'Al parvient à s'échapper, en sacrifiant ses acolytes vampires.
Le Prince de Madripoor, Baran, accepte de recevoir Ba'Al dans son palais car il possède le dernier fragment de la Pierre. O'Donnell succombe au charme de Lindsay avant que l'intendant du Prince ne surgisse dans leur chambre pour leur subtiliser leur fragment de la Pierre.

 

De retour à Madripoor, Wolverine et Jessica sont affranchis de la situation par O'Donnell qui, comme Lindsay, savait qui il était depuis longtemps. Mais il leur faut maintenant agir ensemble pour empêcher Ba'Al de reconstituer l'orbe de Gehenna.
Un groupe formé par le chef de la police Taï, O'Donnell, Archie, Burt, Jessica et Wolverine se rend donc au palais du Prince Baran en pleine transaction avec Ba'Al.

 

Tandis que ses amis affrontent les sbires du démon, Wolverine affronte Ba'Al. Qui sortira vainqueur de cette bataille ? Et où a disparu Burt Corrigan en profitant de la confusion ?

La nouveauté essentielle de cette histoire tient à son format : Peter David rompt en effet avec le rythme de Claremont, qui composait des récits brefs et très mouvementés, dans le cadre exotique de Madripoor, alors qu'ici on a droit à un arc narratif classique, comme on en trouve encore aujourd'hui, en six parties, plus décompressé.

Néanmoins, l'action prime toujours mais le nouveau scénariste fait sensiblement basculer le titre dans une nouvelle dimension : lorsque "Patch" n'a plus le choix, il enfile à nouveau son costume de Wolverine (marron et jaune) pour aller se battre. Tout ce qui tournait autour du mystère supposé de son identité (puisque Logan et les X-Men étaient considérés comme morts au combat depuis la saga Fall of the mutants) est donc terminé... Mais ça l'était en vérité depuis un moment si on en croit Jessica Drew, Lindsay McCabe et O'Donnell qui avouent au griffu l'avoir reconnu depuis son arrivée à Madripoor. Il est certain que ce n'est pas avec un simple bandeau sur l'oeil gauche et un usage discret de ses griffes que Logan passait vraiment inaperçu...

L'intrigue ne vaut, objectivement, pas tripette : cette affaire de pierre maudite, de démon ressuscité, de chevalier dont Wolverine serait le digne successeur, d'emprise mentale, n'est qu'un mince prétexte pour une cavalcade entre San Francisco (avec des cascades dignes d'un cartoon - voir la façon dont Burt Corrigan surgit en plein tribunal ou celle avec laquelle "Patch" éloigne les policiers lancés à ses trousses) et Madripoor (où la situation réserve pourtant des développements nettement plus intéressants, comme le rapprochement entre O'Donnell et Lindsay, ou le rôle équivoque du Prince).

Peter David est plus convaincant quand il use d'un second degré salvateur (comme Claremont en avait fait preuve lors des deux épisodes avec Joe Fixit/Hulk) et met en scène Wolverine apprenant, bougon, que tous ses proches dans la principauté n'ont jamais été dupe de son identité, ou quand il conclut son récit par une ultime pirouette (dans laquelle Burt Corrigan confirme qu'il est vraiment mythomane et adopte le nom du plus célèbre des espions...).

Graphiquement, je reste toujours aussi réservé sur la collaboration entre John Buscema et Bill Sienkiewicz. J'ai déjà expliqué pourquoi je n'appréciai pas le mélange entre la rondeur du trait puissant du premier avec l'encrage nerveux du second, mais les défauts me paraissent encore plus flagrants sur ces épisodes qui correspondent avec une publication bimensuelle de la série : sachant que Buscema, dans de telles conditions, devait fournir des crayonnés peu poussés, Sienkiewicz a dû les achever et y imprimer encore plus son style (cela me semble flagrant avec le démon Ba'Al, et plus généralement dans le traitement des décors - ou plutôt l'absence de décors). Malgré tout, on ne peut nier à ces chapitres une énergie grisante, mais bon, le départ d'Al Williamson n'a jamais été suppléé.

On peut trouver ces épisodes dans le troisième volume des recueils Wolverine Classic en v.o., et dans la collection "Version Intégrale" de la série Serval chez Semic ou en albums "Deluxe" chez Panini (mais dans ce dernier cas, au risque de casser votre tirelire).